L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon est le genre de roman qui fait du sommeil un besoin secondaire tellement son histoire nous prend. On
aimerait que tous les livres soient aussi forts. Tantôt roman d’apprentissage tantôt roman policier, son histoire à tout des labyrinthes de Borges. Et puis, lorsqu'on dépose le livre et que l'on
ferme les yeux, nous découvrons avec joie que son récit est maintenant en nous. Ses personnages, ses immeubles et ses rues pavent notre imagination pour qu'ainsi nous ne formions plus qu'un
immense tout.
Avant même que je ne lise la première phrase de la première page, je savais que
L'ombre du vent ne serait pas une lecture comme les autres. Barcelone, 1945: Daniel, le narrateur, a
10 ans lorsque son père, libraire en livres anciens, le conduit dans un lieu secret : le Cimetière des Livres Oubliés. La tradition veut que tout nouveau visiteur y adopte un livre afin de le
sauver de l’oubli. Guidé par le hasard, Daniel choisi
L'Ombre du vent d’un certain Julian Carax. Il dévore le roman en une nuit et souhaite par la suite lire les autres livres de l’auteur.
C’est alors qu’il découvre qu’un inconnu s’acharne depuis des années à brûler tous les romans signés Carax. Ce mystère mènera Daniel et son ami Fermin (amusant dans ses moindres répliques!) sur des
avenues dangereuses où intrigues, romances et poursuites policières feront des cinq cent pages un pur délice.
La construction du roman est tout simplement vertigineuse. Plusieurs histoires sont imbriquées les unes dans les autres. Les personnages – parfois attachants parfois inquiétants – foisonnent.
L’aspect historique (nous sommes au lendemain de la guerre civile espagnole) accentue la logique de poupées russes qui régie tout le roman.
"citadelle des livres"
Carlos Ruiz Zafon [trad. de l’espagnol par François Maspero],
L’ombre du vent, éd. Grasset, 2005 (2006 pour l’édition de poche), 525 pages, ISBN 2-253-11486-3.
A bientôt, et bravo à Florie pour son magnifique travail.
Mag